Jack la lanterne

 

 

Connaissez-vous Jack la lanterne ?

Depuis des siècles, il court à travers le monde. Quelque chose de terrible lui est arrivé, à sa mort. Il s’est présenté chez Saint-Pierre. « Non, Jack, tu ne peux pas entrer tout de suite au paradis »,lui a-t-il dit. « Tu as été trop avaricieux, trop égoïste, trop mesquin ». Comme il voulait se caser le plus vite possible, il est allé chez le diable.  Qui l'a envoyé au diable sous prétexte qu’il avait ri de lui sur terre, qu’il s'étais moqué de lui dans ses histoires. il est alors revenu chez Saint-Pierre. « Non », qu'il lui dit encore. «  À la fin du monde seulement, je t'accueillerai, mais auparavant il te faudra parcourir toute la terre, avec une lanterne à la main ».

         Jack connaît beaucoup de belles histoires, et surtout il aime particulièrement les fêtes d’Halloween. Si vous lui demandiez, il vous dirait ceci ;

 

Je me souviens, ça c'était passé dans une campagne romaine, longtemps avant Jésus-Christ. À la fin d'octobre, les Romains se rassemblaient pour célébrer les récoltes d'automne : ils voulaient ainsi remercier leurs dieux, en leur faisant cadeau d'une partie de leur récolte. Et c'est à la déesse Pomona qu'ils offraient plus spécialement des pommes et des noix. Comme tu vois, l'Halloween a d'abord été une fête d'action de grâces.

 

Pas mal plus tard, je me suis retrouvé chez les Celtes et là j'avais rencontré des gens déguisés en fantômes. C'est que les gens avaient commencé à avoir peur de la mort et des morts. On s'était mis à croire qu'à l'Halloween, les morts revenaient sur terre sous forme de fantômes, d'esprits, de fées, de sorcières en vue de faire peur aux hommes. Pour s'en protéger, les hommes se mirent à se déguiser eux-mêmes en fantômes, esprits, fées et sorcières pour faire croire aux esprits qu'ils étaient des leurs. Le masque du chat avait attiré mon attention et on m'avait dit que le chat était un animal sacré qui avait été humain, puis transformé pour le punir de ses crimes.

 

Un jour, je me suis retrouvé dans le grand Nord québécois, près de la rivière du Tonnerre. C'est là un de mes plus beaux souvenirs. Avec les Indiens, j'avais fait du porte à porte. Nous quêtions des cadeaux pour les plus pauvres. Mais avant qu'on nous donne le cadeau, nous devions partager avec nos hôtes une chanson, un jeu, une histoire, un 'trick', et alors seulement, on nous donnait quelque chose, on nous payait la traite. La fête de l'Halloween s'appelait, chez les Indiens, la fête Trick or Treat, c'était une fête de partage.

 

C'est en allant chez les chrétiens que j'appris que l'Halloween, c'était d'abord la fête de la vie, de l'espérance. Depuis 700 après Jésus-Christ, les chrétiens célèbrent la Toussaint, le 1er novembre : la Toussaint, c'est la fête de tous les saints qui n'ont pas d'autre fête liturgique (en anglais, on dit All Hallows Day). Justement pour les chrétiens, Dieu ne prenait pas plaisir de se venger des hommes, mais comme un Père, il les attendait au seuil de sa maison. Le Dieu des chrétiens est un Dieu de tendresse. Cette grande fête commençait la veille durant la veillée (en anglais, on dit All Hallows evening d'où Halloween). L'Halloween était donc une fête d'espérance, une grande farandole de la vie où chacun, à sa manière, exprimait ses rêves à travers un costume qu'il créait lui-même, un costume plein de poésie, de fraîcheur, de rosée. Et chacun devenait un petit lutin, une fée des étoiles, un épi de blé, un soleil de minuit, une cascade de lumière, une perle de rosée.

 

Tu sais, moi Jack la lanterne, je pense que, lorsque Saint-Pierre m'ouvrira les portes du paradis, je connaîtrai la plus belle Halloween que je n'aurai jamais vécue.

 

 

 

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